Méthodologie

Concernant la méthodologie, nous avions choisi à l’origine un thème qui nous tenait à cœur, à savoir le thème « neige ». Nous avions alors l’ambition de partir en Slovénie, mais pour des raisons de coût essentiellement, nous avons choisi de partir dans les Alpes. Nous avons alors commencé à nous renseigner sur différentes stations, et c’est ainsi que nous avons découvert que plusieurs stations s’étaient orientées vers le développement durable, dont certaines revendiquaient le label flocon vert. Nous nous sommes alors renseignés sur ce label et avons comparé les stations l’ayant obtenu, et une station, celle de Chamrousse, s’est démarquée en raison du nombre d’actions qui étaient menées sur son territoire.

Après avoir choisi la station, nous avons donc commencé à lire de la littérature grise sur Chamrousse et le tourisme durable, comme ces deux ouvrages :

  • Guillet, « Les nouveaux défis des stations de sports d’hiver : Requestionner le lien Ville-Montagne à travers l’exemple de Chamrousse et de l’agglomération grenobloise », Sciences de l’Homme et Société, 2016, 141 p.
  • François, « Durabilité des ressources territoriales et tourisme durable : vers quelle convergence ? », Géographie, économie, société, 2008, Vol. 10, p. 133-152.

Pourtant, une limite serait que le sujet des stations durables et alternatives est relativement nouveau, c’est pourquoi il y a encore peu de documents sur le sujet ce qui a compliqué nos recherches.

Nous avons alors dans le même temps étayé notre réflexion en consultant de nombreux sites Internet, en particulier ceux de différentes stations de ski et d’organismes pour la protection de l’environnement :

 

Au fur et à mesure de nos lectures, nous avons commencé à nous demander si Chamrousse ne représentait pas un nouveau modèle de station de ski. Nous avons alors élaboré une première problématique ainsi que notre plan, car nous considérions comme important d’avoir des angles d’attaque avant notre terrain afin de mieux viser ce que nous voulions voir sur place. Nous avons ainsi appliqué une démarche hypothético-déductive. De plus, cela nous a permis de contacter plusieurs acteurs en amont de notre semaine de terrain, afin de fixer des rendez-vous, que ce soit avec des élus ou avec des acteurs proposant des activités.

 

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Une fois sur le terrain, nous avons procédé de deux manières : nous avons fait à la fois de l’observation classique, avec la prise de photographies, mais aussi de l’observation participante en pratiquant nous-même la station, ainsi que des passations d’entretiens.

Pour l’observation classique, il s’agissait d’observer la station, en la parcourant à pied ou bien en navette. Lors de nos nombreuses sorties, nous avons pu prendre de nombreuses photos, montrant les points positifs de la station, que ce soit le paysage arboré, la vente de cendriers jetables, ou ses travers, comme les poubelles débordant au bord des routes en fin de semaine.

Pour l’observation participante, nous nous sommes transformés en touristes, en particulier pendant deux journées où nous avons décidé de faire du ski. Nous avons alors pu avoir une vue d’ensemble du domaine de la station ainsi que de ses pistes, mais aussi nous rendre compte de ce que pouvait attendre un touriste et de quelles actions il pouvait être satisfait. Cela nous a également d’être un peu plus critique, mais peut-être aussi de prendre les choses à cœur puisque nous nous y étions engagés personnellement, ce qui peut constituer une limite à notre objectivité.

Concernant les entretiens, nous en avons réalisé auprès de touristes et de commerçants. Nous voulions également avoir l’avis des locaux, mais ils étaient plus difficiles à atteindre au sein de la station. Néanmoins, nous nous sommes rendus compte que les commerçants étaient pour la majorité des locaux, c’est pourquoi dans nos analyses nous les avons considérés comme tels, même si nous avons gardé à l’esprit qu’il s’agissait de locaux particuliers. Pour la passation des entretiens, nous avions prévu des guides d’entretien plutôt directifs mais pour la majorité semi-directifs ce qui nous a permis d’avoir des réponses riches tout en posant des questions ciblées. Les questions ont pu être pour la plupart plutôt précises puisque nous avions au préalable ciblé les personnes que nous comptions interroger. Nous avons néanmoins remodelé certains guides sur place, nous rendant compte de la non-pertinence ou de la non-compréhension de certaines de nos questions.

En particulier, nous avons interrogé 35 touristes âgées de 18 à 75 ans sur deux paliers de la station, à savoir Chamrousse 1650, lieu de convergence des pistes, et Chamrousse 1700, lieu touristique. Nous avons ainsi pu voir que Chamrousse était vue comme une station familiale, au coût réduit, avec un respect de l’environnement assimilé au cadre paysagé des pistes du domaine alpin et nordique. Les améliorations possibles pour la station en termes d’aménagement seraient les activités après-ski comme la piscine, du mobilier urbain pour profiter du cadre, et enfin plus de parking. En somme, des aménagements ne nécessitant pas un bouleversement des pratiques, comme l’utilisation de l’automobile, et de l’offre, ce qui pose la question du réel attachement à l’environnement. Néanmoins, la station parvient à fidéliser une clientèle, plusieurs interrogés fréquentant la station depuis plusieurs années déjà.

Nous avons également pu interroger tous les commerçants aux paliers 1650 et 1750, afin d’avoir un spectre de réponses significatifs (restaurants, bars, épiceries, tabacs et magasins de vente ou location de ski). Nous avons appris que la plupart avait une autre activité l’été, souvent à Grenoble, et qu’ils étaient originaires de la commune, mais parfois aussi saisonniers. Par ces entretiens, nous avons constaté qu’absolument aucun commerçant n’avait entendu parlé du label « Flocon vert » et qu’il n’y avait donc pas la moindre répercussion sur leur commerce. Quant aux autres questions liées à l’environnement, beaucoup ressentent une régression du civisme au sein de la commune. Ils évoquent notamment les déchets et poubelles laissés n’importe où, peu de recyclage, et beaucoup de déchets et mégots sur les pistes, que les touristes ne voient pas en hiver, mais qui resurgissent après la fonte des neiges. Le tri sélectif semble être prisé de tous, et les magasins de location/vente de ski nous ont fait part de leur volonté de recycler les skis et autre matériel de sport. De plus, au sujet du projet Chamrousse 2030, les avis divergent. Certains y voient l’opportunité de faire connaître et agrandir la station, et donc d’attirer plus de monde. Ils évoquent notamment que ce projet d’aménagement pourrait créer de l’emploi et de redynamiser la commune. Mais aucun n’est complètement favorable au projet, seulement à quelques aménagements. Les commerçants originaires de Chamrousse font souvent référence à la création d’une piscine municipale, dont la dernière avait fermé ses portes peu de temps après les JO de 1968. Pour ceux opposés au projet, il y a souvent un rejet du moindre projet d’aménagement, et un souhait de préserver l’esprit d’une commune perçue comme « familiale et populaire ».

De plus, nous avons rencontré et pu nous entretenir avec 14 acteurs particuliers de la station, dont vous trouverez les compte-rendus ici.

Ce que nous avons appris sur le terrain nous a enfin permis de confirmer ou d’infirmer nos hypothèses de départ, et parfois même d’ouvrir de nouvelles pistes auxquelles nous n’avions pas pensé au préalable. Nous avons donc fait un travail d’adaptation quant à notre problématique et notre plan une fois sur place, et essayé de confronter les réponses de chaque acteur, ce qui nous a permis d’être beaucoup plus critiques.

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